Comme beaucoup de personnes, je me pose la question de l'utilité de mon travail.

J'aime bien ce que je fais, mais il y a plusieurs choses qui ne me plaisent pas. La première d'entre elles, c'est évidemment d'être soumis à la volonté d'un patron. Cette volonté vient souvent à l'encontre de la bonne manière d'effectuer mon travail.

Mais aussi, surtout, je ne crois pas que mon travail soit bénéfique pour la société. Je ne suis pas sûr que ce soit uniquement contextuel.

Le contexte joue évidemment. Je suis dans une entreprise qui voit son chiffre d'affaires augmenter avec la crise du Covid-19.

Non pas parce qu'elle sauve des vies, mais parce qu'elle permet la continuité de l'activité des entreprises. Et pas des entreprises qui sauvent généralement des vies.

Mais je ne suis pas sûr qu'exercer mon travail (lié à la sécurité de l'information) autre part change grandement la donne.

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Là où je trouve le plus d'intérêt à m'investir, c'est dans mon rôle d'élu, de représentant du personnel, de délégué syndical.

Paradoxalement, c'est ce qui a le plus de sens pour moi. Mais pour l'exercer, et bien il faut bien exercer mon métier ^^

C'est assez paradoxal.

Mais le domaine du ludique ne m'a jamais quitté. Et l'option d'élever des chèvres, des poules et des lapins au grand air de la montagne ne me paraît plus aussi idiote et naïve que ça.

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Alors je pourrai faire des jeux vidéos pour chèvres, lapins et poules. C'est vrai. Je ne suis cependant pas très sûr des débouchés.

Je pourrai aussi faire pousser des trucs, mais si je n'arrive pas à maintenir une quelconque plante, même grasse et censée "résister à tout", en vie, j'imagine même pas la gueule du champ...

À moins d'aller cultiver en terre du Mordor, ce n'est clairement pas ma voie.

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Bref, je crois que je suis en train d'expérimenter ce que beaucoup appellent "une crise de sens" du travail.

Même si mon travail n'est pas aussi inutile qu'un trader ou qu'un directeur marketing, qui sont, eux, structurellement inutiles, je me pose quand même la question de mon apport à la société, dans le sens "au bien commun".

Je pourrai exercer dans l'associatif en parallèle, mais il n'y a pas de meilleure façon de contaminer le monde associatif que de le lier au monde de l'entreprise.

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Là où, auparavant, je regardais les initiatives du genre "acheter des champs et des maisons entre potes et gérer ça collectivement" avec un œil "cool, mais pas pour moi", je me surprends à me dire maintenant "ah tiens, pourquoi pas".

Bon, on est loin du grand saut hein. Je suis impulsif sur mes achats, pas sur mes changements de vie :p

Mais... La vie sans patron, mais uniquement avec des contraintes liées aux autres et leurs besoins de vie, le travail qui fait directement sens...

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Ça va demander beaucoup de formation, parce que je ne sais pas travailler la terre ou le bois. Moi mes outils c'est le fer à souder et l'étain à la base ^^

Bref, je me demande combien de personnes aujourd'hui sont un peu dans cette situation, à se poser les mêmes questions... Est-ce que ça a augmenté pendant le confinement ?

Toutes ces questions sans réponses... ^^

@llm Perso, c'est difficile moralement depuis quelques semaines parce que je suis cuistot, et que quand on reprendra le boulot, ça va clairement être en mode dégradé : notre café-resto, il est pensé pour que les gens aient envie de discuter avec nous, pas juste un endroit où tu vas te poser avec tes potes et où t'as du petit personnel pour te servir et se faire discret... Donc avec l'injonction à faire de la vente à emporter, c'est difficile d'imaginer comment conserver l'âme de notre lieu 😥

@llm Avant ça, j'avais des questionnements quand même, sur le côté : j'ai un métier utile parce que ça fait partie des petits plaisirs que de pouvoir aller boire un café et manger un bout dans un endroit sympa, mais aussi, c'est un lieu de maintien de la reproduction de la force de travail, où les gens viennent pour se ressourcer au milieu de leur journée de boulot... Mais je me fais peut-être des noeuds au cerveau pour rien là-dessus

@Melimoon nourrir les gens, ça fait quand même hyper-partie de la catégorie "utile" à mon sens. Et le fait d'apporter un lien social en plus du simple repas va bien au delà de la nécessité de la reproduction de la force de travail, puisque c'est bien en constatant qu'on n'est pas seul qu'on se dit qu'on peut changer les choses. Je ne connais pas la situation précisément, mais de loin en 2 toots, ça me paraît quand même pas mal du tout ^^

@llm Ouais, c'est un peu sur cet équilibre-là que je trouve du sens à mon taff, mais en soi, y'a plusieurs catégories dans "nourrir les gens", et je fais clairement partie de nourrir les bourgeois ou les gens qui peuvent se permettre de faire des dépenses autres que le minimum vital. (j'ai une petite tendance "tout ou rien", je sais)

@llm Y'a plein de jours où je me sens atrocement inutile à la société. Pas nocif, mais pas fondamental non plus. Pas comme le mec qui ramasse les poubelles, ou la dame de l'hôpital qui te sauve la vie, tu vois ? Et c'est assez gênant de faire avec application un travail juste pour le plaisir de le faire avec application.

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